Huitième et derniere enfant de ma mère, ce fut le bébé de ma mère qui, comme toute mère envers son dernier bébé, chouchouta beaucoup sa fifille adorée. Elle avait décidé que cela serait son dernier enfant et mon père, depuis lors, se vit astreint à faire chambre à part ! Comme toutes les filles de la famille, elle était intellectuellement loin d'Echtein, et le maternage exarcerbé de ma mère accentua ces problèmes. Il va de soit qu'elle fut parachutée dans le monde du scoutisme dès son plus âge, mais scoutisme protégé du fait du protectionnisme exagéré de sa mère. Elle nallait dans des camps scouts que si ma mère y était présente physiquement ou bien par personne de confiance interposée. Ces amies étaient choisies avec soin, tout comme l'était son environnement scolaire. Ma mère était toujours prompte à la défendre si un enseignant sen prenait à son petit ange. Je ne mentendais que mal avec cette ex soeur née moins de deux ans après moi car elle rapportait toujours mes bêtises vraies (ou supposées) à ma mère, dans les jupes de laquelle elle passait son temps à se plaindre.
Dès mon plus âge, féru de mythologie, je la surnommai Cerbère, ce qui mettait dans une profonde rage ma mère. Elle passait son temps en délation, non seulement à mon encontre mais de tout le monde qui passait à portée de son environnement. Les ouvriers, les employés de maison, n’étaient que de vilains esclaves à son service et ne trouvaient jamais grâce à ses yeux. Ce maternage, hors normes, d’une mère vieillissante pour son dernier enfant ne fut pas sans incidence sur la santé psychique déjà fragile de Benoite. Elle devint de plus en plus associale, car tous les gens qui l’entouraient étaient des méchants qui refusaient de la considérer comme une déesse. Elle fit petit à petit une fixation affective sur ma mère et cela conduisit, plusieurs années plus tard, ma soeur à laisser mourir sa mère plutôt que de l’amener soigner avec de grandes chances de survie à l’hopital voisin de la maison, comme le lui demandait instament le medecin de garde au SAMU...
Ma mère transferait sur cette dernière fille tous ses rêves, en particulier ses voeux de réussite scolaire ; malheureusement, Benoite. la déçut assez à ce niveau. Mais assurement, c’était la faute des enseignants qui ne savaient pas la comprendre... Quand Benoite eut une dizaine d’années, ma mère décida de lui faire des tests psychologiques, dont un test de QI, pour démontrer que sa fille adorée n’était pas bête, mais au contraire supérieurement intelligente. Pour corser le tout, je fus invitée à passer les mêmes tests, ce qui prouverait une fois pour toute que les autres sont des idiots, et en particulier, moi, qui désespérait ma mère pour avoir été le seul de ses enfants à avoir refusé d’être scout ! En plus j'étais un garçon , donc intresequement bête d'aprés les critères de ma mère. Averti qu’au dernier moment de la participation à ces tests, d’une manière simpliste dans le genre : “Tu réponds gentiment aux questions que va te poser le gentil monsieur”, je pris la chose avec flegmme. Je pris soin quand même, par facétie naturelle, de répondre le plus niaisement possible aux questions qui me furent posées par cet “homme de l’art” trés serieux, dans son bureau situé le long du canal du Midi, près de la gare Matabiau de Toulouse. Je souris encore pour mes reponses au test de Rochas, car à chaque tache symetriques présentée, je repondais en rigolant que j'y voyais "une grotte", car je faisais pas mal de spéléologie. Une fois passé ce test, je ne m’en préocupai plus mais je notais simplement que Benoite. m’en voulut encore davantage et devint encore plus hargneuse envers moi et que ma mère devint plus cassante, plus lointaine. Je ne compris pourquoi que plus de 40 ans après, incidement lors d'une conversation avec ma mère : les tests de QI, démontraient que Benoite. était à un niveau en dessous de la normale alors que moi, je commettais un crime double de lèse majesté : j’étais non seulement plus intelligent que Benoite. mais surtout j’avais un QI plus élevé que la normale... Ceci, ni Benoite. ni ma mère ne me le pardonnèrent ! Je n’entendis plus jamais parler de ces tests et surtout on ne me donna surtout pas les résultats, dont je me foutais d'ailleurs royalement. A partir de ce moment ma mère perdit toute confiance dans les psychologues, ne parvenant pas à comprendre comment cet homme de l’art n’était pas tombé en pamoison devant les facultées mentales transcendantes de Benoite.
Son enfance se passa de délations en pleurnicheries ; par chance, “Maman” étant grande cheftaine scout Benoite. pouvait dès les camps de jeannettes, se prendre pour la chef et éviter, en tant que fille de la générale, quelques corvées avilissantes pour sa condition divine. Déjà, elle commençait à se couper du monde et de la réalité qui ne satisfaisaient pas son ego. Son adolescence vit l’accentuation de ce problème car Benoite. n’avait pratiquement d’amis, mis à part quelques rares personnes auprès de qui elle pouvait faire valoir qu’elle était la fille de “sa mère” c’est-à-dire qu’elle cotoyait alors surtout les personnes âgées. Les rares amies qui trouvaient grâce à ses yeux étaient celles qui, ayant compris le mode de fonctionnement de Benoite., n’arrêtaient pas de lui passer “la brosse à reluire”, de lui demander son avis sur tout et surtout n’arrêtaient pas de lui dire qu’elle avait raison, qu’elle était intelligente, heureusement qu’elles l’avaient comme copine, etc... ! Cela continua à l’isoler de la réalité, à être fortement complexée et à la reléguer dans son monde à elle tout en la rendant de plus en plus asociale du fait de sa maladie.
Au desespoir de ma mère, passer le bac lui fut impossible malgré pressions et chèques distribués abondamment auprès de différentes écoles religieuses accueillant Benoite. Ma mère ne manquait pas d’appuis écclasiastiques, grenouillant abondamment dans le monde écclasiastique de part ses fonctions de grande chef scout, et par le rang élevé dans un ordre religieux d’une de ses soeurs, par ses participations assidues à toutes les animations ou enseignements initiés par la hiérarchie catholique. Il n’était pas de kermesses, ouvroirs, patronnage, réunions de catécheses pour adultes, quêtes, réunions de soutien aux missionnaires où elle n’apparaissait pas activement entourée d’une nuée de ses enfants réquisitionnés pour l’occasion. Benoite ronronnait au sein de ces activités car cela lui permettait d’être sur le haut de la marche en tant que" fille de..".
Les études terminées, sans espoir de les reprendre un jour, ma mère dans un premier temps occupa Benoite à ne rien faire rendant son inutilité indispensable. C’est là que j’entendis les “heureusement qu’il y a Benoite” et “Benoite nous aide bien”, “Benoite est indispensable” assénés tant à moi qu’aux amis de la famille, réunis en conclave autour d’un thé et de petits gâteaux dans notre salon empire. Ma mère tentait de se rassurer et de faire passer le message "correct" . C'etait de la methode Couet qui permettait à ma mère de se rassurer elle même. Ensuite ma mère essaya de lui trouver un mari et cela mit très en colère Benoite car on lui présentait sytématiquement des “vieux croutons” plutôt “gnangnan” ou des "gogos gagas", mais ayant particule ou fortune personnelle, voire une bonne retraite ! Ma mère essayait de refaire le coups de Lili qui avait pechée un vieux riche ! Mais ma mère commettait l’erreur de ne lui présentait que des hommes decrepis mais pieux, encrés dans la religion chretienne, helas trés loin physiquement du modèle d'acteur de cinéma dont rêve les jeunes filles...
Alors, ma mère lui fit faire une formation d’employée de bureau dans une école privée, montée et dirigée par une de ses cousines, Madame de S..., qui, comme elle, était issue de noble origine et ne pouvait rien lui refuser. Les études terminées ma mère essaya de faire rentrer Benoite dans le “staff” soit éducatif, soit gestionnaire de cette école. Mais son asociabilité et son incompétence rendit la chose impossible malgré la bonne volonté de la cousine. Ma mère envisagea un temps d’employer Benoite sur la campagne mais cela était fatiguant et pas du tout adapté aux potentialités de sa fille préférée, voire trés devalorisant pour son aura. Pourtant Benoite avait suivi des cours agricoles et avait étudié le comportement des abeilles.... Mais on ne peut rentabiliser une campagne comme la notre avec trois ruches. De plus, comme Benoite pérorant et donnant des leçons mais ne faisant rien, il fallait payer quelqu’un pour s’occuper de nos trois ruches dont mon père, suite à un accident, ne pouvait plus s’occuper. Benoite avait pourtant acheté tout l’équipement qu’elle montrait abondamment à ses quelques amies. Mon père pour avoir la paix lui donna quelques livres à tenir sans conséquence, du genre de la liste des anciens ouvriers. Il la chargea quand un ancien ouvrier prenait sa retraite de vérifier s’il était bien inscrit dans les livres de compte du domaine et d’autre part, demandait de lui faire un certificat de travail pour les années correspondant à nos écritures. Benoite prit ce travail très à coeur et lorsqu’une fois par an une personne se présentait pour demander le petit bout de papier sésame de sa retraite, elle demandait au moins quinze jours de délai car, disait-elle, cela était très compliqué et allait lui donner énormément de travail. Forte de ce travail Benoite. claironnait partout que elle "gérait" la campagne, s’occupait de tout parce que mon père “comme tous les hommes il n’y entendait rien et qu’heureusement, elle et ma mère, étaient là pour redresser la situation économique de l’exploitation”.
Mais il fallut bien enfin, lui trouver un vrai travail, donc on fit appel à un frère de ma mère qui était dans les affaires. Il lui trouva un travail de secrétariat dans une petite entreprise de fabrication de volets et autres accessoires pour maison sur Toulouse. Mais le grand esprit d’ouverture de mon ex-soeur s’accomodait mal d’une entreprise de fermetures et rapidement cette dernière baissa le rideau sur le contrat d’emploi de Benoite.
Alors on remit à contribution mon oncle qui contacta un de ses amis dirigeant une boite de "semi-fonctionnaires privées", gérant les retraites. Benoite devint opératrice de saisie c’est-à-dire que devant un écran elle rentrait les noms et coordonnées des gens qui demandaient leur retraite. Cela ne lui déplut pas au début car elle était à nouveau maître du destin des gens faisant passer les dossiers du début à la fin de la pile suivant le nom et la gentillesse des gens. Si vous appeliez Monsieur Dupont et que vous lui apportiez une boite de bonbons en la remerciant mille fois de son obligeance il était sûr d’avoir son dossier traité assez rapidement, mais si votre nom était de consonnance étrangère ou si vous lui parliez un peu sèchement, votre dossier était sûr de prendre un bain de poussière au fin fond de la pile sans risquer une insolation car il n’était pas prêt de revenir à la lumière des néons. Ma soeur faisait la pluie et le beau temps sur les retraites, appelant quatre ou cinq fois par jour pendant de longues dizaines minutes sa mère avec le téléphone du bureau. Elle papotait pour ne rien dire, expliquant pourquoi elle avait mis un dossier au rencart, ou accéléré un autre, s'inquietant de la santé de ma mère puis deblatérant sur ses collegues de bureau, afin d'entamer à son habitude, l'habituelle litanie de medisance sur X ou Y en particulier ses freres et sœurs. Cela, commença à lui attirer des problèmes avec ses chefs qui constataient le degré très bas de rentabilité bureaucratique de Benoite. Alors nous apprîmes que “les chefs étaient méchants, que ses copines de bureau usaient et abusaient de la promotion canapé, et que tout cela était formenté par le directeur aux ordres de Lili”. Nous apprîmes de la même source ainsi que le directeur, était un ancien petit copain de Lili, du temps de ses soirées animées sur Toulouse. Puis la situation devenant difficile car à “chefs” envisageaient même de la faire travailler, Benoite fit appel à une amie d'enfance médecin qu’elle retrouvait dans un club de sardane, dont ma mère s’occupait ardemment. Sur un coup de fil de Benoite cette dernière la mettait en arrêt maladie pour huit jours, quinze jours, un mois, voire plus. Le système était bien rodé ; Benoite suivant l'emploi du temps de ma mère, courses, coiffeur, dentiste medecin, etc... téléphonait à son amie et lui demandait un certificat médical de telle date à telle date qu’elle passait prendre au secrétariat sans déranger le médecin. J’ai même vu Benoite travailler une seule semaine dans une année et le reste du temps être “en maladie” virtuelle. Ce n'est pas que les antibiotiques qui font le "trou" de la Sécu ! Au bout de quelques années, la caisse qui la couvrait “s’inquiéta” et envoya un médecin contrôleur à la maison pour voir l'etat de Benoite. J’étais ce jour là sur place pour le recevoir et je lui fis comprendre que ma sœur était très perturbée psychologiquement . Benoite arriva à ce moment-là et l’insulta, le menaça de représailles car disait-elle “elle avait le bras trés long”, puis piqua une crise de délire. Le médecin, bien que médecin de pompiers, habitué aux situations brulantes ou explosives, resta pantois et partit. En passant il me murmura “il y a vraiment un gros problème”.
Pendant ce temps, Benoite s’occupait à me présenter ses bonnes copines car elle ne pouvait supporter les filles que je fréquentais. Ses copines, choisies pour leur servilité envers sa personne, étaient chapitrées longuement sur la manière de me harponner. C’est fou le nombre de copines qu’elle m’amena, "passionnées" comme moi par la spéléogie ou le sport automobile et qui tentaient de s’essayer au tir à l’arc avec moi. J’avais installé un stand de tir dans un grenier rempli de paille et ces demoiselles, en mini très courte, n’hésitaient pas à escalader les balles de paille entourant la cible à la recherche de flèches perdues car les “maladroites” n’arrivaient pas à toucher leur cible, pas plus celles de carton que la cible virtuelle imposée par ma soeur à l’Arc de Cupidon. Leur manège était vraiment trop grossier et au grand dam de leur instigatrice, ne marchait pas.
Alors, le comportement de Benoite devenait de plus en plus problématique. Elle harcelait mes parents, se faisant plaindre tout le temps et surtout leur rabachait que les gens étaient méchants envers elle, que c’était des “andouilles” incapables de tout. Nous apprenions que son directeur était incapable de gérer sa boite, que ses copines de bureau couchaient avec lui pour avoir une augmentation, que ses frères et soeurs étaient des idiots, en particulier Lili qui n’avait eu qu’à se coucher pour gagner le jack-pot, que Gustave était un abruti, égoïste et personnel. Concernant Gustave, elle se demandait comment il faisait pour se laver les pieds, lui qui ne se mouillait jamais.. Elle le traitait de radin car son amour pour l’argent était légendaire dans la famille. Elle n’acceptait pas non plus qu’il ne se dérangeât jamais pour voir ses parents et encore moins pour leur proposer de les aider alors qu’il avait toujours su mendier leur aide. Elle se gaussait de ses manies accentuées de vieux garçon maniéré.
Elle se moquait aussi de Marie-Madeleine et de son conjoint et de leur goût immodéré pour les bouteilles de vin qu’ils savaient quémander à mon père. Marie-Madeleine était une de ses cibles privilégiées de par ses frasques retentissantes et son peu d'intelligeance qu’elle se plaisait à mettre en exergue avec délectation.
Elle naccepte pas non plus lattention de ma mère envers son frère Bert dont elle en était très jalouse, narrêtant pas de dire pique et pendre sur lui, surtout quand il abandonna femme et enfants pour partir avec sa maîtresse et secrétaire. Elle lui reprochait de ne pas soccuper de ses enfants, en particulier de ne pas financer leurs études et que cela soit ma mère qui devait sen occuper.
Quant à Titine, elle n’était pas oubliée par la litanie médisante de Benoite : après s’être moquée de ses différents petits copains et de sa niaiserie, il y eut une affaire bizarre dont je n’ai pu encore découvrir la totalité des éléments. Je crois savoir que Titine. avait pêché un petit “pigeon” pour le ramener à Benoite mais au moment de lui présenter elle se le garda et même l’épousa, car Titine voyait son age avancer et se trouvait bien seule. Cela n’arrangea pas le point de vue très fraternel qu’avait Benoite de sa soeur.
Benoite. avait une vision très acerbe et deformée des gens ajoutée à une vision très personnelle des choses. A l’origine c’était grave, mais cela empira avec sa maladie. Seul son frère Dédé trouvait grâce à ses yeux juste matiné d’un brin de condescendance envers ce frère aîné qu’elle ne jugeait "pas trop dégourdi". Heureusement, qu’elle était là pour lui indiquer parfois les choses à faire... Elle me prenait toujours à témoin car nous n’avions que moins de deux ans d’écart et donc nous vivions dans la même sphère temporelle, alors que mes autres frères et soeurs vivaient loin du foyer familial, loin d’elle et de son espace temps. Cet espace temps dans lequel Benoite vivait comme dans une forteresse, se refermait lentement mais sûrement sur elle au fur et à mesure que sa maladie non soignée empirait.
Sans rentrer dans des cours de psychologie ni dans les détails medicaux, il était visible que Benoite était malade psychologiquemt et que son amie “médecin”, qui lui passait tous ses caprices, qui accédait à toutes ses demandes et surtout qui savait que Benoite ne se soignait pas et ne prenait aucun des médicament qu’elle lui prescrivait n’arrangeait en rien l’état de santé de Benoite. Pour en avoir parlé plusieurs fois avec ce médecin je savais que Benoite et elle parlaient librement de ces médicaments que Benoite prenait à la pharmacie et jetaient aussitôt à la poubelle en rigolant... Le médecin continuait à les prescrire, non dans l’espoir que Benoite un jour accepte de se soigner, mais uniquement pour la cohérence du dossier médical de Benoite et pour expliquer les multiples arrêts maladie que ce médecin prescrivait à Benoite. L’irresponsabilité de ce médecin engage sa responsabilité dans l’accroissement de la maladie de Benoite et surtout dans des actions graves entreprises par Benoite plus tard. Ce médecin connaissait très bien les maladies dont Benoite souffrait et surtout les conséquences possibles amenées par cet inéluctable enfermement psychologique qui s'emparait de Benoite. Elle savait comme tout médecin, les conséquences que cela amèneraient inéluctablement sur l’environnement proche de Benoite dont la perception du réel était irrémédiablement altérée. Benoite s’enfermait de plus en plus dans son monde et tout ce qu’elle n’avait pas créé et installé dans sa bulle était méchant, à rejeter et indigne d’exister. Ses proches qui ne se pliaient à ses désirs ni à ses scénari devenaient le “diable”. La médecine légale qu’elle ne pouvait maitriser ni manipuler et les médecins qui l’appliquaient étaient "des entitées diaboliques" dont il fallait bien sûr se méfier.
Au fur et à mesure qu’elle créait son monde, elle le peuplait de personnages et de lois conformes à ses désirs et valorisant pour elle. D’abord, pour personnaliser tous ceux qui n’avaient pas grâce à ses yeux il y avait le diable : le diable existait, elle me le confia un jour alors que je travaillais tranquillement à mon bureau. Je ne relevais pas à ce moment-là mettant cela sur le compte d’une de ses sempiternelles élucubrations. Mais elle m’expliqua qu’on lui avait parlé du diable, en lui donnant des preuves de son existence et que la magie noire était un moyen de rentrer en contact avec lui et de s’attirer ses bonnes grâces, voire de l’utiliser. Elle envisageait même d’y avoir recours contre sa soeur Lili et son mari, qu’elle haïssait violemment. En y repensant maintenant il était clair que Benoite était tombée sous la coupe de gens qui commençaient à la manipuler. Si le diable faisait partie de sa culture chrétienne, avoir recours à la magie noire n’entrait pas dans ce cursus. Toutes les choses et actions qui étaient contraires à ses desirata étaient baptisées "diableries" car elles ne pouvaient être que loeuvre du malin.
Pour contrecarrer cela, heureusement, il y avait la magie blanche, qui utilisait Dieu pour faire échec au diable. Pour cela Benoite se mit en contact avec une guerisseuse de Castelnaudary, qui "entendait les voix de Dieu" et qui petit à petit mit Benoite sous sa coupe, comme nous devions le découvrir plus tard....
La médecine classique qui commettait le crime de la considérer comme une malade mentale, au lieu de la reconnaître comme une demi-dieu, n’était pas fiable et donc était oeuvre du diable. Benoite se tourna donc vers des médecines alternatives dites “douces” c’est-à-dire des médecines où comme dans une auberge espagnole, chacun y amène ce qu’il veut et surtout ce qu’il a envie d’y voir. Comme ces médecines doivent obligatoirement tendre vers l’ésotérisme et être entourées d’une aura de mystère, la médecine chinoise lui apparut comme la Vierge apparût à Bernadette à Lourdes : ce fût la révélation. Elle découvrit une chinoise qui se paraît du titre de "docteur", bien que n’en ayant aucun diplome ni droit. Elle lui expliqua qu’elle était diplomée d’une Université chinoise et qu’elle donnait des cours aux médecins français... Quand elle me le dit, à l’époque, cela me sembla loufoque car d’une part, je savais qu’il était impossible à quelqu’un sans diplome de donner des cours officiellement à une profession aussi réglementée que les médecins et d’autre part, le jeune âge de cette soi-disant "médecin" me semblait incompatible avec tout ce qu’elle prétendait avoir fait. De plus comme elle ne parlait même pas le français, je ne crois pas que la majorité des toubibs français parlent bien le chinois, du moins assez pour comprendre ses enseignements...
Alors, nous n’entendîmes plus parler que de "médecine traditionnelle chinoise", de qi cong (prononcer tchi cong), et des miracles qu’elle générait et c’était yin par-ci, yan par là, ce qui pour moi me semblait plus proche du hi-han des ânes... que d’un raisonnement sensé. Quand Benoite m'en parlait c’était à mots couverts, dans un murmure feutré comme si les murs ne devaient pas entendre cet indicible secret. Notre enfance avait baigné dans une culture du miracle d’église et voilà que Benoite retrouvait par mimétisme le monde magique des miracles de son enfance à travers ces chinoiseries. Peut-être qu’ainsi sa personnalité se securisait dans des repères anciens qu’elle connaissait. Mais en même temps, insidieusement, la magie religieuse dérivante faisait son chemin dans son moi perturbé.
La “thérapeute” chinoise eut tôt fait de comprendre tout l’intérêt qu’elle pouvait tirer de la niaiserie de Benoite, tant sur le plan pratique que sur le plan légal. Elle créa une association dont Benoite devint membre du bureau et dont le siège fut domicilié chez Benoite. Puis elle employa Benoite à faire du ménage chez elle ou à l'association, moyennant quelques espèces sonnantes et trébuchantes. De toute façon Benoite étant en maladie d’un autre emploi aurait eu du mal à justifier un bulletin de salaire pour les ménages qu’elle faisait chez “l’aiguilleuse” acupunctrice de service.
Après une tentative malheureuse de tenue de comptabilité ou Benoite se prit les pieds dans les chiffres, la Chinoise mit dans la tête de Benoite qu’elle était très douée et qu’elle pouvait devenir à son tour thérapeute pour soigner les gens. Mêmes méthodes employées par la scientologie qui vous fait passer des tests bidons qui prouvent que vous êtes quelqu'un d'exceptionnel mais qu'il est necessaire de prendre des cours pour valoriser cet être sublime que vous êtes...
Mais il fallait que Benoite se forme. Qu’à cela ne tienne la chinoise pouvait lui apporter cette formation moyennant finance, promesse de dons avec l'heritage à venir, et travaux en contre-partie. Voilà donc Benoite commerciale de fait de l’association afin de recruter dans les entreprises des "clients-élèves" pour apprendre soit un formation vous donnant le titre de thérapeute avec diplôme d’une obscure université chinoise, soit le week-end des stages de gymnastique thérapeutique de gi gong. Pour faire plus vrai cette association montée de bric et de broc s’intitula “Académie W... de médecine chinoise”. Benoite bien qu’étant en maladie arpentait Toulouse et ses environs, l’annuaire telephonique des pages jaunes dans sa sacoche ouvert aux pages jaunes des entreprises, afin de distribuer les précieux prospectus sources de bonheur. En même temps étaient distribués les formulaires administratifs d’inscription permettant aux employés de se faire payer des formations par l’entreprise avec toutes les explications nécessaires à leur utilisation.
Pour prouver à Benoite ses capacités transcendantes de thérapeute, la chinoise lui colla dans “les pattes” une soi-disante malade du cancer en phase presque terminale. On donna à Benoite des analyses le prouvant, qu’elle s’empressa de montrer à son amie médecin. Celle-ci m’en parla en me disant que la personne à qui appartenaient ces analyses était presque morte. Benoite fut chargée par imposition des mains de soigner cette personne qui non seulement ne mourrait pas, mais allait de mieux en mieux Je compris très vite l’arnaque en comprenant que l’analyse provenait d’une autre personne et que Benoite s’était une fois de plus fait piéger..
Benoite avait trouvé la voie qui la déifiait enfin : Elle avait le pouvoir magique de soigner les gens ! Tout comme le magicien sort le lapin de son chapeau Benoite pouvait d’un coup de baguette magique faire sortir la maladie du corps des malades.
Elle entama alors une double vie : celle d’une employée de bureau terne et en dépression continuelle et d’un autre côté une vie de lumière auprès de ses nouveaux amis qui la “valorisaient”. Envers sa famille Benoite n’apparaissait que comme l’employée éteinte en butte à la méchanceté de l’ensemble de son bureau mais quelques phrases par-ci, par-là, prouvaient à l’auditeur attentif qu’il y avait autre chose. Elle tentait de rabattre certaines gens mécontents de la médecine classique vers des médecines alternatives et en particulier vers sa copine chinoise qu’elle n’oubliait pas de toujours de qualifier de “docteur” d’un air respectueux.
Puis au fur et à mesure que la fragilité intellectuelle et la dependance de ma mère augmentait Benoite, trouva un sujet de choix pour ses expériences. Elle mit totalement sa mère sous influence, la terrorisa intellectuellement et la coupa du monde réel, de ses amis, de sa famille et surtout filtrant à partir de ses nouvelles connaissances, tous les soins “thérapeutiques”que nécessitaient l’état de santé déclinant de ma mère. Benoite en Dieu souverain reignant sur la santé de sa mère, décidait ce qui était bon ou mauvais. Elle décidait de l’alimentation de ma mère qui de ce fait se trouva très déséquilibrée et carencée. Puis elle s’attaqua aux médicaments : une infection urinaire me fut cachée pendant plus d’un mois et soigné avec du jus de citron et des impositions des mains avant que le médecin s’en aperçoive. Il prescrivit d’urgence un traitement d’antibiotique administré en piqûre par l’infirmière afin d’échapper au contrôle de Benoite, qui aurait pu ordonner à ma mère de ne pas prendre les cachets. Mais il était déjà trop tard : le médecin me dit qu’un rein était touché. Je prévenais par lettre recommandée le procureur en lui faisant part de mes inquiétudes. Le docteur me dit qu’il se tenait à la disposition de la justice pour lui donner toutes informations, si on le lui demandait, mais ne le signala pas. Rien ne se fit, ni du coté de l'administration d'étét, ni de la justice. Benoite continua petit à petit à mettre ma mère dans un carcan d’interdits et d’anihiler toutes velléités de pensée par elle-même.
Benoite rayonnait car d’une part elle maîtrisait la vie de quelqu’un et d’autre part, petit à petit, elle prenait la maîtrise des biens de ma mère, allant jusqu’à installer de ses amis dans une grande villa appartenant à ma mère près de Toulouse pur un loyer dérisoire. Pour avoir facilement accès au compte bancaire dont elle avait déjà la signature, elle fit faire à ma mère qui ne sortait plus de sa chambre, une carte bancaire. Ma mère avait toujours refusé ce moyen de paiement qui ne lui inspirait pas confiance. Après s’être coupée de la plupart de ses amis, puis d’une grande partie de la famille, Benoite s’attaqua à séparer ma mère de tous ses proches y compris et surtout moi et ma famille, pour mettre notre mère en condition de solitude et commencer son servage d'amour.
Dès que Benoite arrivait pour les “longs” week-end c'etait la saison des hurlements qui arrivait comme la mousson. Le docteur avait prescrit telle ou telle chose ? Benoite hurlait ! Ma femme avait apporté telle ou telle nourriture ? Elle hurlait ! L'infirmière avait son telephone qui sonnait ? Benoite hurlait et faisait une scene ! Dès que mes enfants venaient voir leur grand mère, elle hurlait ! Ma mère avait mal à un pied ? Elle hurlait ! Ma mère avait omis de lui signaler quelque chose ou un bobo ? Elle hurlait ! Si quelqu’un téléphonait sans autorisation ? Elle hurlait ! Pire, si quelqu’un osait venir voir ma mère sans avoir demandé l’autorisation à Benoite, elle hurlait encore et encore. Ma mère, très fatiguée, en état de faiblesse et de dépendance extrême, compris très vite que si elle voulait la paix il fallait obéir et surtout ne pas penser par elle-même ni prendre des initiatives. Surtout il ne fallait en aucun cas declencher les cris de Benoite qui etaient pour elle, comme autant de violents coups de couteau. Une fois mons fils ainé fut obligé d'attraper Benoite et de la porter hors de la chambre de sa grand mere, tellement la folie delirante de Benoite etait insuportable à tous. Benoite lui en voulut à mort ! Mes enfants supportaient mal cette violence contre leur grand mère qu'ils adoraient.
Pour augmenter encore son isolement, Benoite interdit de fait la télévision. Lorsque je tentais d’installer une parabole afin que ma mère ait le plus de choix possible de programmes, car elle adorait les documentaires, nous eûmes droit à une scène d’une extrême violence. Benoite nous expliquant que la parabole allait jeter des ondes nocives partout. Mon jeune fils de 7 ans à l’époque tenta de lui expliquer qu’une parabole était faite pour recevoir des ondes et non en émettre, ce qui perturba beaucoup Benoite. Pour créer un effet sonore hypnotique dans le style lancinant des mantras hindous, Benoite imposa à ma mère de mettre la radio branchée sur France Infos. Tous les quarts d’heure les mêmes informations étaient débitées avec leurs effets hypnotiques et comme la plupart de ces infos étaient de mauvaises nouvelles ou information de catastrophes, cela persuadait ma mère que tout le monde était méchant, mauvais et dangereux.
Puis Benoite trouva encore mieux pour enfermer et rendre dépendante la personnalité de ma mère : ma mère avait un début de cataracte et son médecin traitant lui disait chaque fois qu’elle consultait, qu’il faudrait s’en occuper. Benoite s’insurgeait chaque fois contre la proposition de soins, mais pire, elle avait interdit à ma mère de nous en parler, ni d'en informer personne. La cataracte fit son chemin et ma mère perdit une grande partie de sa vue, surtout à un oeil. Le premier specialiste contacté ne put que constater et dit vertement à Benoite qu'elle aurait du venir avant. Ire de Benoite qui, allongeant sa hure, mis sa bouche en "cul de poule", puis, vexée, mais hautaine comme une déesse injustement fletrie, s'en fut chez un autre specialiste à Toulouse, faire operer ma mère.
Un jour, devant l’état de dénutrition de ma mère qui refusait de manger hors des prescriptions de Benoite, je contactai le médecin qui voulut l'hospitaliser, afin qu’elle sorte du giron néfaste de Benoite. Ma mère obéissant aux ordres de Benoite lui téléphona aussitôt. On vit rappliquer aussitôt Benoite pour faire une scène terrible et s’opposer à son hospitalisation. Ma mère éclatant en sanglots ne savait plus qui écouter, sentant bien le besoin d’écouter le médecin et d’un autre côté bloquée par les interdits de Benoite.
Le médecin, devant l’état d’hystérie de Benoite, prescrivit donc du Nutrigil à donner immédiatement à ma mère pour la nourrir. Après le départ du médecin nous eûmes droit à une scène d’hystérie mémorable où Benoite engueula tout le monde et en particulier ma mère : “ce n’est pas la peine que je me décarcasse pour vous nourrir de produits naturels pour prendre ces cochonneries ! vous ne prendrez pas ces médicaments !”. Et elle changea le Nutrigil en quelques gélules ésotériques de vitamines pour gens bien portants. Nous nous aperçumes aussi que ma mère, après des jours de gastro qui ne passait pas, prenait sur les ordres de Benoite, des comprimés "naturels" de vitamine C à base de seigle qui lui decapaient fortement les parois intestinales. Dès que je m’en aperçus j’en parlais au docteur qui me dit d’arrêter immédiatement et comprenait enfin pourquoi cette gastro ne passait pas !
Un jours je trouvais Benoite au chevet de ma mère en train de lui caresser le bras et de marmonner des prières alors que elle était en train visiblement d’avoir une attaque ; je la fis amener d’urgence à l’hôpital où les médecins constatèrent en autres, son état de dénutrition. Ma femme lui faisait de bons petits plats équilibrés et qu’elle aimait mais ma mère ne les mangeait pas et jetait tout sur les ordres impératifs de Benoite (nous ne devions l’apprendre que plus tard !).
Une autre fois la chance sourit à ma mère, car Benoite tomba malade alors que ma mère avait un début d’attaque. Ma mère voyait des moines croisés autour d’elle, voyait son lit dévaler des pentes abruptes, alors que ses mains et son visage étaient déchirées par les ronces ; elle voyait mon dernier fils se défenestrer et ma femme qui la gardait faisait partie de ses péripéties. Elle voyait aussi des moines envahir le château, recevoir des touristes qu’ils faisaient payer à l’entrée. Bref c'etait grave et on l'emmena d'urgence au service de neurologie. Elle y resta 15 jours au grand dam de Benoite, qui enguelait le personnel soignant et pretendait donner des leçons aux neurologues stupefaits. Je me souviens de la tete du neurologue, au cours d'une visite, et à qui ma mère expliquait qu'elle allait maintenant tres bien. Ma mère soudain se leva, poussant le neurologue et lui criant "Attention le poisson rouge dans son bocal va vous cogner la tete !". Le neurologue me regarda, comme pour justifier sa reponse evidente, puis expliqua à ma mère qu'il devait la garder un peu plus pour finir des analyses. Ma pauvre mere, avait tout qui se mélangeait dans sa tête, le réel et l’irréel, ce qu’elle avait vu, ce qu’elle avait appris, et tous les mensonges que Benoite serinait , tout se mélangeaient en une gigantesque salade touillée par la maladie et le court-circuit de ses neurones.
Ainsi la despote Benoite prit l’ascendance sur ma mère, de par son terrorisme intellectuel, sans que ni le médecin qui était au courant et connaissait bien Benoite, ni les services de l’état, procureur et préfet de Carcassonne que j’avais alertés ne fassent rien. Donc ma mère était devenue entièrement dépendante physiquement et intellectuellement de Benoite, qui devint de plus en plus rayonnante de son rôle de thérapeute miracle. Pour mieux maitriser la destinée de ma mere, Benoite dit à l'hopital que l'addresse de ma mere etait à Toulouse, chez elle. Cela permettait à Benoite de recevoir tous les courriers chez elle. Benoite était arrivée à ses fins, non seulement démolir la santé physique de sa mère mais surtout casser sa resistance morale. Ma mère n’était plus qu’une loque soumise à la volonté et aux ordres de Benoite. Benoite allait pouvoir ordonner à sa mère de faire un nouveau testament l’avantageant à mon détriment.
Le piège était prêt, en cas d’état grave de ma mère Z pouvait en toute impunité décider de la vie et de la mort de ma mère. La catastrophe arriva le samedi 13 février 2002 : Benoite, en accord avec un de ses freres Bert, et une de ses soeurs Lili, refusa pendant de trente-six heures de faire hospitaliser sa mère qui venait de faire un AVC, alors que chaque minute comptait, que nous étions à cinq minutes de l’hôpital. Ma mère décéda quatre jours plus tard, ce qui prouve bien que si elle avait été prise à temps, elle avait toutes les chances de s’en sortir. Pendant que ma mère etait dans le coma, Benoite vida son compte en banque et vendit ses actions.
Bref... vous voyez quen frères et surs, la famille ne ma pas gâté, mais on ne choisit pas la zone d'atterrissage ou vous largue la cigogne ....
A suivre....
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Le scandale du vin contaminé dans l'Aude !
Magouille du lobby pinardier ? Les consomateurs floués !
Comment des "guerisseurs", soignant par telephone, abusant de la crédulité d'une malade mentale, peuvent laisser crever sans soins des malades dans l'aude.... La justice Carcassonnaise alertée laisse faire..... LIRE :
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